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La gestion de Berry prouve qu'il fallait faire table rase

Il y a une ironie cruelle à voir Andrew Berry, l'architecte cérébral des Browns, diplômé de Harvard, se retrouver paralysé par une simple formalité administrative. Alors que la NFL entame le sprint final de l'intersaison, les bureaux de Berea sont à l'arrêt, incapables de satisfaire la Rooney Rule.

Mais ne nous y trompons pas : cette paralysie logistique n'est pas une simple maladresse de parcours. C'est le point d'orgue d'une gestion qui s'effrite depuis longtemps. Elle valide brutalement l'opinion que beaucoup redoutaient : conserver le General Manager tout en changeant le coach était une idiotie, une demi-mesure vouée à l'échec. Car si l'on gratte le vernis du "process", le bilan d'Andrew Berry est loin de justifier cette immunité.

Une immunité bâtie sur un mirage

Jimmy Haslam l'a justifié lui-même : c'est la gestion de l'intersaison 2025 qui a sauvé la tête d'Andrew Berry. Le propriétaire a vu dans cette cuvée de rookie des raisons d'espérer. Pourtant, à y regarder de plus près, cette "bouée de sauvetage" est percée.

Le recrutement de Maliek Collins à la Free Agency a été une réussite. Mais si la Draft 2025 a permis de récupérer quelques joueurs de talent qui masquent la misère, elle porte les stigmates indélébiles d'une philosophie défaillante. Alors que l'équipe avait des besoins vitaux à des postes importants (Receveurs, Ligne Offensive), Berry a choisi de dépenser un capital précieux sur... deux Running Backs et deux Quarterbacks destinés au banc de touche. Ignorer la "positional value" pour doubler des postes non-essentiels est une aberration stratégique.

Cette draft, vendue comme une réussite par la direction, n'est en réalité qu'un écran de fumée qui cache une forêt de médiocrité. Depuis son arrivée, les drafts de Berry ont été, au mieux, moyennes, incapables de fournir le flux constant de titulaires d'élite nécessaire pour rivaliser en AFC North. Son maintien en poste repose sur une lecture biaisée d'une seule intersaison, occultant des années de choix discutables

L'ombre indélébile de Deshaun Watson

Impossible, évidemment, de ne pas évoquer l'éléphant dans la pièce : le trade de Deshaun Watson. Certes, on peut accorder à Berry le bénéfice du doute et supposer que cet ordre venait directement du propriétaire Jimmy Haslam. Cette hypothèse est probablement ce qui l'a "sauvé" du nettoyage de printemps.

Cependant, un GM est responsable de l'assemblage du roster autour de ses stars. Même en acceptant que Watson lui a été imposé, la gestion du reste de l'effectif, l'incapacité à pivoter, et la stagnation globale de l'équipe restent sous sa responsabilité. Berry a lié son destin à cette transaction historique, et l'histoire ne retient pour l'instant qu'un échec monumental.

Le naufrage actuel : L'amateurisme logistique

C'est sur ce terreau déjà fertile en doutes que vient se greffer le fiasco actuel de la recherche du nouveau Head Coach. L'incapacité des Browns à valider leurs entretiens n'est pas de la malchance, c'est de l'incompétence.

Lorsque Mike McDaniel et Jesse Minter annulent leurs entretiens, ce n'est pas un hasard du calendrier. C'est un désaveu cinglant. Surtout pour McDaniel qui a préféré accepté un poste inférieur ailleurs. Le message envoyé à la ligue est clair : le projet porté par ce GM ne séduit plus. Et au lieu d'anticiper la bureaucratie de la Rooney Rule, de manière cynique mais nécessaire, en validant des entretiens tôt dans le processus, Berry a joué la carte de la pureté du processus.

Résultat ? Le compteur de la Rooney Rule reste bloqué à zéro, plongeant l'équipe dans une impasse concurrentielle désastreuse.

Le cauchemar concurrentiel : Le cas Udinski

L'attentisme actuel suggère un intérêt prononcé pour des profils comme Glenn Scheelhaase ou Dan Udinski. Tous deux sont extrêmement courtisés par d'autres franchises, et c'est ici que la faillite logistique de Berry devient terrifiante.

Prenons le cas de Dan Udinski. Récemment éliminé des playoffs, il est désormais disponible. Il est libre de signer où il veut, quand il veut. Ses courtisans, comme les Buffalo Bills, ont fait leur travail : ils ont anticipé, validé leur Rooney Rule, et sont prêts.

La différence est humiliante. Si les Bills le veulent, ils peuvent lui tendre un contrat ferme aujourd'hui. Les Browns, eux, sont légalement interdits de le faire. Berry a placé son organisation dans une position d'infériorité absolue. Il doit dire à sa cible prioritaire : "On te veut, mais tu dois patienter, le temps qu'on fasse venir quelqu'un d'autre pour cocher une case administrative."

Le même danger guette pour Scheelhaase. La concurrence est féroce, et dans une course de vitesse pour un coach prisé, Cleveland part avec un boulet au pied que le GM a lui-même attaché.

Conclusion : Il fallait faire table rase

Andrew Berry est payé pour anticiper les variables. Pourtant, il a échoué sur la construction long-terme de l'effectif, a été le visage de la pire transaction de l'histoire, et se noie aujourd'hui dans un verre d'eau administratif pendant que ses concurrents signent les meilleurs talents.

Cette intersaison devait être celle du renouveau. Pour l'instant, elle est celle de l'embouteillage et de l'indécision. Conserver Berry était un pari sur la stabilité ; c'est devenu un frein majeur à la reconstruction. Il fallait tourner la page. Au lieu de cela, les Browns sont condamnés à regarder les trains passer, bloqués sur le quai par leur propre incompétence.

Informations de l'article

Auteur : @BrownsFrance

Publié le : 23/01/2026 à 15:38

Catégorie : Opinion

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